DE L'ART ET DE LA SCIENCE DE S'ENTOURER DES BONS PARTENAIRES DANS LE MONDE DE LA MOBILITE

28 mai 2018,  par Faurecia

Appelez-les comme vous voudrez – jeunes pousses, start-up, entreprises disruptives ou « nouveaux entrants », comme on les appelle dans l'industrie automobile. Quel que soit le nom que vous leur donniez, le concept sous-jacent de ces acteurs de la nouvelle mobilité est le même : ils ont une approche révolutionnaire de la façon de changer notre perception de la mobilité personnelle. Certains veulent construire des voitures, d'autres proposer des services de mobilité et d’autres encore investir les deux domaines.

Indépendamment de leur approche, ils partagent tous certains points : leurs idées sont réalisables, mûrement réfléchies et entièrement axées sur la vision d'une mobilité personnelle connectée, autonome ou partagée, faisant appel le plus souvent à une plateforme électrifiée. En tant qu’équipementier leader de l’industrie automobile mondiale et centré sur les mêmes domaines, Faurecia explore ce nouvel univers de la mobilité en cherchant à évaluer lesquels de ces nouveaux joueurs méritent que l'on mise dessus. Les enjeux sont importants et il n'y a pas de bonne réponse.

 

S'entourer des bons associés

Comment une entreprise comme Faurecia prépare-t-elle l'avenir ? Lorsque nous sommes à la recherche de partenaires, l'un de nos premiers critères est de déterminer si sa vision est compatible avec la nôtre. Partageons-nous les mêmes objectifs ? Croyons-nous en de possibles solutions proches, etc. ? Ça ne veut pas dire que nous détenons les réponses, mais au moins que nous nous posons les mêmes questions.

Soulignons toutefois que trouver un partenaire de même sensibilité n'est pas notre seul guide. D'autres facteurs importants pour lesquels un certain seuil doit être respecté entrent en jeu. Par exemple, le business plan et la structure financière de l'entreprise sont-ils sains ? A-t-elle les moyens de ses ambitions ? Quelle valeur ajoutée naîtrait de notre partenariat, et ne serait-on pas en mesure de la générer par nous-mêmes ?

Évidemment, les start-up répondant à ces critères ne manquent pas, et nous sommes enthousiastes à l'idée d'explorer des opportunités et d'étudier la façon d'ajuster et de faire coïncider nos approches avec ces nouveaux entrants.

 

La « science » de travailler avec de nouveaux entrants

Pour nous c'est très clair : les « nouveaux entrants » doivent réinventer la façon dont nous travaillons, et ce dès la phase de pré-développement. Le processus de conception et de production d'une nouvelle technologie est relativement long dans l'industrie automobile, par rapport à d'autres secteurs (logiciels, électronique grand public, etc.). Valider l'aspect sécuritaire d'une nouvelle technologie et les processus de production et d'intégration prend simplement plus de temps. Mais cela change lorsque l'on travaille avec de nouveaux entrants : nous constatons qu'ils sont désireux de nous associer très tôt aux nouveaux projets, et de travailler en étroite collaboration pour s’assurer que ces processus avancent beaucoup plus vite qu’auparavant.

Faurecia souhaite collaborer avec ces nouveaux entrants afin d'expérimenter de nouveaux business models, mais aussi de découvrir de nouvelles façons d’aller chercher et de créer de la valeur. Il y a quelques années, par exemple, l'intégration visait essentiellement à capter de la valeur, mais le concept évolue et il s'agit aujourd'hui davantage de créer de la valeur – et de la créer en commençant par poser les bonnes questions. Nous n'avons pas toujours les bonnes réponses, mais disposons de collaborateurs compétents capables de développer des produits et des composants en l'absence de spécifications détaillées ; ils posent les bonnes questions à partir de données de départ limitées de façon à créer ces spécifications – et cela représente un grand pas en avant pour nous.

 

L'art de travailler avec de nouveaux entrants

Certains de nos nouveaux clients attendent de nous que nous prenions des risques, tout en leur apprenant à gérer le risque. Ils souhaitent profiter de l'expérience que nous avons acquise en travaillant avec d'autres constructeurs automobiles pour reconnaître ce qui possible ou faisable, et ce qui ne l'est pas. Et pour nous, le plus intéressant est l'opportunité de réaliser des choses entièrement inédites. Ça peut vouloir dire partir de zéro, créer une équipe et la mobiliser pour assumer l'entière responsabilité de l'intégration – et ce en 12 mois !

Comment s'y prend-on ? Pour commencer, la définition même du mot « équipe » doit être repensée. Dans un tel environnement, c'est moins d'une équipe que d'une bande dont vous avez besoin. Cela signifie que les personnes impliquées ignorent parfois ce à quoi ressemblera le résultat final, puisque ça n'a jamais été fait. Elles peuvent imaginer où leurs travaux les mèneront mais, à ce stade, la façon dont elles y parviendront et la forme que cela prendra reste encore à déterminer. C'est potentiellement une position très exposée, en raison de la surveillance bien souvent inhérente au fait de travailler dans ces nouveaux domaines. C'est pourquoi, comme dans une bande, tout le monde doit être impliqué et personne ne peut échouer, sans quoi tout peut s'effondrer. Mais c'est tout naturellement que les équipes investies dans ces projets se sentent impliquées, puisqu'elles ont une motivation commune : tenter des choses qui ne l'ont jamais été.

En définitive, nouer de bons partenariats avec ces nouveaux entrants nous permettra de continuer à explorer les possibilités qui s'offrent à nous, mais en conjuguant expérience et technique éprouvée, avec l'énergie et l'enthousiasme liés à la découverte de valeur. C'est un moment très stimulant pour les acteurs de la mobilité personnelle, et les rencontres et les idées qui vont naître sont pour nous une vraie source d’énergie.

 

Par Denis Albert, VP New Entrants Account. Tribune publiée initialement sur LinkedIn.

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